03 novembre 2009
Quelques vues de Cauroy...
Relevées dans le Guide Michelin des champs de bataille quelques vues du village et quelques cartes postales

L'église avant et après 1914
La rue de Cauroy à Cormicy

26 octobre 2009
Les souvenirs de Gaston JOUAN
Vieux souvenirs
Je crois avoir déjà rappelé que je suis un ancien " Sans Tabac " ; traduisez : le glorieux 66è régiment d'infanterie, caserné à Tours.
Incorporé le 10 octobre 1913, je fus affecté à la 6è Cie, capitaine MARTIN et lieutenant GOUSSU.
En mai 1914, ma compagnie quittait Tours pour se rendre par la route (32 kilomètres sac au dos), pour le Camp du Ruchard, d'où nous revînmes en juillet, peu de temps avant la mobilisation.
Le 5 août, ce fut le départ du régiment pour Toul.
Après avoir participé aux escarmouches de Nomény et à la bataille du Grand Couronné, ce fut la bataille de la Marne et la trop fameuse journée du 8 septembre, au cours de laquelle le régiment subit une véritable hécatombe à Fère-Champenoise.
Enfin, en octobre, arriva la course à la mer et le 66è RI, de même que les autres régiments du 9è Corps, occupèrent le terrain au nord d'Ypres.
Blessé d'une balle dans la région mastoïdienne droite, je fus évacué à l'Hôpital auxiliaire n° 14 à Châtellerault, où je fus opéré. J'y restais du 3 novembre au 8 décembre [1914].
Deux noms me sont restés en mémoire que se rappelleront certainement les vieux Castelleraudais : le Dr ORILLARD et M. Paul PAPILLAUD.
Inutile d'assurer que nous étions admirablement soignés. C'était l'époque où, pour 0 fr 50, nous pouvions nous offrir comme casse-croûte, un " Chabi " et une chopine de blanc.
Ce qui précède est pour moi une première raison d'être attiré vers Châtellerault [lieu de l'assemblée générale de l'amicale pour 1960].
La seconde raison est que c'est dans cette ville que, adhérent de l'Amicale, présidée par DUBRULLE, j'avais le plaisir de renouer avec l'Amicale relancée par CAGNAC, lors de l'Assemblée de 1946 qui se tint dans la dite ville, emmenant, avec moi, un ancien du 409, Charles DUVIVIER qui, de ce fait, adhéra, ce jour-là et devint, par la suite, président du Groupe Anjou.
Ces souvenirs, vieux déjà, font que c'est pour moi un plaisir toujours renouvelé de retrouver cette bonne ville de Châtellerault, où je compte de bons camarades et amis.
Gaston JOUAN - Entraide 1960
23 octobre 2009
Souvenirs de la 6è Cie (3)
Le PC du lieutenant ROBIDA
Ce même Général dont il est question ci-dessous avait, à Roye-sur-Matz, un PC remarquable par sa cuirasse externe et interne d'innombrables sacs à terre. C'était peut-être pour tenter de l'imiter que le lieutenant ROBIDA voulut avoir, lui aussi, un PC solide. Les sacs à terre manquaient à La Rue des Boucandes, au pied du Plémont, mais les pierres à bâtir abondaient autour de quelques maisons en ruines, et le travail commença. Pour de la belle ouvrage, " c'était de la belle ouvrage ". Si on interrogeait le lieutenant sur la solidité de son oeuvre, il souriait d'un air entendu. De sa voix traînante, il répondait : " Pas besoin d'architecte ni d'ingénieur ". Et les pierres de continuer à s'entasser.
Mais voilà qu'une nuit, un fracas épouvantable réveilla tous ceux qui n'étaient pas de garde, et le jour se levant révéla un énorme tas de pierres et, cette fois, aucun sourire au-dessus de la barbe rousse du lieutenant ! "
Une photo de la construction est reproduite dans l'Entraide de 1961
22 octobre 2009
Souvenirs de la 6è Cie (2)
Toujours extrait du bulletin de l'amicale des anciens du 409è RI " l'Entraide ", une nouvelle anecdote du Lieutenant MOINET :
Général et Poilus
La 6è Cie était en réserve à Canny-sur-Matz. Un matin, je surveillais une corvée chargée de creuser un très large et très profond boyau entre Roye-sur-Matz et Canny. Survint le Général, dont j'ai oublié le nom ; son PC se trouvait à Roye.
Avisant un de nos gars qui avait cessé son travail pour le laisser passer, le Général, d'un ton jovial assaisonné d'un peu d'accent méridional, demande :
- " Eh bé, mon brave, sais-tu pourquoi tu creuses un boyau ?
L'interpellé bafouille
- Té ! reprend le Général, c'est pour que je puisse passer avec mon cheval !
Et il repartit, mais s'arrêta presque aussitôt.
- Et toi, dit-il à un autre gars, tu sais le nom du Colonel qui commande ton régiment ?
La réponse claque :
- CLOGENSON, mon Général ! "
Dégoûté et pensant sûrement n'avoir affaire qu'à des crétins, le Général, sans autre commentaire, poursuivit son chemin.
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Le Colonel Georges CLOGENSON 1898-1985 est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris 20è.
Merci à Jacques SEYNAEVE qui recense les sépultures individuelles de militaires.
Ce message est le 200è du blog
20 octobre 2009
Souvenirs de la 6è Cie du 409è RI (1)
Extraits du bulletin l'Entraide, nous devons à l'obligeance du Lieutenant Léopold MOINET, les anecdotes suivantes, réellement vécues :
Le ballon lumineux
Nous étions en ligne au début de juin 1915, dans le secteur de la Croix-Brisée, très exactement dans la tranchée Miraillet, avec ses clayonnages et ses gabions. Secteur assez calme, heureusement, car les rares abris n'étaient même pas à l'épreuve d'un 77. Or, dans ce secteur, si calme, voilà qu'un soir, au crépuscule, mon ordonnance, COMMAIN, arrivait un peu ému à mon abri, et m'annonça très sérieusement :
- " Mon aspirant, les Boches ont lancé un ballon lumineux !
- Quoi ?
- Oui, Oui ! L'Aspirant ROBET vient de me le dire et il demande que vous préveniez le commandant de Compagnie. "
Mon pauvre et cher camarade ROBET avait une fort mauvaise vue. Je le savais. Je me précipitais vers son coin de tranchée et lui dit :
- " Et alors, ce ballon ?
- Regardez, me répondit-il.
A l'Est, au-dessus du bois de la Divette, la pleine lune montait, ronde et rouge, dans le soir tombant !
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Le Lieutenant Jacques ROBET est tombé le 25 juillet 1918 au Bois de Fère à Beuvardes (02). Il n'avait pas 25 ans.

19 octobre 2009
Le Sergent-Major VOISINE
Évoquée dans un précédent message, la mémoire du Sergent-Major Julien VOISINE décédé des suites de ses blessures le 24 décembre 1915, revient à la une du blog.
A quelques jours près c'est le 131è anniversaire de sa naissance.
Didier GUENAFF, Président de l'association Patrimoine de la Grande guerre, m'avait indiqué lors d'échanges sur le devenir du champ de bataille de Quennevières - Puisaleine, que le musée de l'association possédait une plaque à la mémoire d'un homme du 409è RI, un certain Sergent-Major VOISINE.
Voici une photo de cette plaque
Cette pièce est aujourd'hui sauvegardée grâce à l'association Patrimoine de la Grande guerre, et j'en suis très heureux et ému.
Il est possible que cette plaque ait été déposée par les anciens combattants du 409è RI : plusieurs articles du bulletin de l'association, signalent le dépôt de plaque en marbre à la mémoire des anciens lors de leur décès.
Merci à Didier et à Frank auteur de la photo.
14 octobre 2009
Le monument aux morts de Bouguenais (44)
Marc qui recense les monuments aux morts de Loire atlantique a dressé le relevé du monument aux morts de Bouguenais (44) sur lequel figurent 2 noms de combattants du 409è RI :
Le Soldat Henri FORTINEAU décédé des suites de ses blessures le 8 septembre 1918 à l'Ambulance 10/13 à Bussy le Château (51). Il était âgé de 25 ans. Il repose à la Nécropole nationale de Jonchery sur Suippe - Tombe 2548.

Le Lieutenant Constant SAILLANT tombé à Somme Py le 3 octobre 1918. Il avait 24 ans. Il repose à la Nécropole nationale de Sommepy-Tahure - Tombe 999.

Merci à Marc.
12 octobre 2009
Visite des champs de bataille
Relevé dans un numéro de la " Vie aux champs " de mai 1920, la publicité ci-dessous
10 octobre 2009
Les chiens de guerre du 409è RI
L'existence de chiens de guerre est signalé dans le JMO du 409è RI, mais aussi dans le Memento d'un combattant poitevin du Caporal-fourrier André SAULNIER :
" Le 2 juin [1915], un renfort d'effectifs arrive avec 12 chiens de guerre (1 par compagnie), hargneux rébarbatifs, les managers de ces nouveaux agents de liaison porteront le nom barbare d' " hommes-chiens ".
[Au secteur de la Croix brisée] Nous prenions la garde au poste d'écoute avec notre " Homme-chien " et le chien " Labri ", c'était son nom de guerre. "
2 photos de chiens du 409è apparaissent sur des photos de groupe :

à gauche le chien Sultan après 1915 - à droite chien du 1er bataillon - 1917
07 octobre 2009
Les anecdotes d'André SAULNIER
[En juin 1915,] le régiment ne possédait pas encore de cuisine roulante à cette époque, de sorte que dans chaque escouade il fallait s'arranger pour faire la popote avec son ustensile de campement.
Notre cuistot, nommé BERNARDON, un ancien zouave qui portait toujours sa chéchia, nous avait préparé le déjeuner, vers midi nous étions tous assis dans l'herbe sous les pommiers du jardin de la ferme où nous étions cantonnés, avec notre gamelle entre les jambes et notre quart plein de pinard. Quand tout à coup, des obus tombent autour de nous. Vite, tous se dirigent vers les abris prévus en cas de bombardement sauf notre cuistot qui, lui, avait déjà eu le baptême du feu, restait là pour s'ingurgiter tous les quarts de pinard.
A notre retour, nous n'avions plus qu'à boire de l'eau, pas même minérale... du Château la pompe...
Extrait du Memento d'un ancien combattant poitevin - André SAULNIER









