20 novembre 2009
Echanges et découvertes
U%n peu de recul sur le blog en ce moment.
Pris par des obligations professionnelles, et des échanges avec Benoït le petit neveu du Sergent Frédéric BOUCHER.
Il a entrepris de reconstituer le parcours de son grand oncle, et ses derniers instants connus grâce à divers témoignages.
De nouveaux noms de combattants du 409è RI apparaissent...
A suivre
16 novembre 2009
L'Amicale des anciens du 409è
L'Amicale des anciens du 409è RI a eu deux périodes d'existence : après la 1ère guerre mondiale, et après la Libération en 1946.
Sur la première Amicale, j'ai retrouvé peu d'éléments. Juste quelques noms collectés en croisant les différentes sources en ma possession.
Sur la seconde Amicale, je dispose d'un peu plus de renseignements sur la période 1946 - 1963.
Tout cela grâce au fils du Chef de bataillon DAUGER, à qui je renouvelle mes remerciements.
Je sais par ailleurs que mon grand-père en fut adhérent, une de mes tantes récemment décédée, m'a raconté qu'elle se souvenait s'être rendue avec son père à l'une des réunions de l'Amicale. Celle-ci se tenait au Café Zimmer - Place du Châtelet à Paris. Cet établissement existe toujours.

Photo C. Lagrange
Elle se souvenait du nom d'un des anciens compagnons d'armes de son père : CAGNAC dont je reparlerai.
15 novembre 2009
Souvenirs sur la naissance des compagnies de mitrailleuses du 409 (2)
Enfin à la fin de la 2è nuit, notre wagon entrait en gare de Bourges. Vers 5 heures du matin, après un solide casse-croûte bien humecté et après s'être renseigné sur le temps d'arrêt, le Lieutenant MAUGER emmenait tout le détachement en ville, en direction de la Cathédrale dont nous apercevions la masse sombre et imposante.
Comme il faisait nuit, nous n'avions pu admirer ses magnifiques portails, par contre notre chef avait trouvé et actionné " la sonnette de nuit ". Au bon prêtre qui vint lui ouvrir, il tint le langage suivant :
" Mon Père, mes hommes et moi nous montons sur le front, je désire faire brûler à leur intention, un cierge, un pour chacun, aux pieds de la statue de St-Antoine de Padoue (pourquoi celui-là ?) ".
Le bon prêtre lui répondit :
" Soyez assuré mon lieutenant qu'il sera fait selon votre désir et que vos braves soldats et vous, ne seront pas oubliés dans nos prières ". Ainsi soit-il !
Je dois dire que le geste du Lieutenant MAUGER nous avait quelque peu émus. Nous l'étions déjà, mais pour une toute autre cause !
C'est pourquoi, dès notre retour vers la gare, nous prenions d'assaut le premier bistro ouvert. Patron et consommateurs furent surpris, et inquiets par notre irruption un peu tapageuse. Je ne saurais dire exactement ce qui s'est passé, mais tout à coup des éclats de voix, le nom " d'embusqués ", prononcé par je ne sais qui, des tables bousculées, des chaises qui partent en tir, suscitent des gueulements, etc... En peu de temps nous étions maîtres de la place.
Enfin, le calme revenu, le bistro rassuré, nous quittions son établissement non sans avoir vidé un certain nombre de bouteilles. Le jour venu, fiers de notre exploit et pour montrer aux civils que nous étions de vrais soldats partant faire la guerre, le Lieutenant MAUGER nous ramena à la gare au pas cadencé, où nous prenions possession de notre wagon.
Peu de temps après nous arrivions à l'entrée du camp d'Avord et apprenions que l'unité que nous devions rejoindre (c'est-à-dire le 3è bataillon du 409è) n'était pas au rendez-vous.
Il avait été paraît-il, mis en quarantaine pour une épidémie dont je ne me souviens laquelle.
Le Lieutenant MAUGER ayant reçu de nouveaux ordres, nous reprenions le train et débarquions dans un petit village du Cher, du nom de Lunery.
C'est là que nous devions recevoir le matériel dont la future compagnie devait être dotée... Et comme nous avions étudié le mécanisme et le fonctionnement des mitrailleuses St-Etienne et Hotchkiss... Et que le " Service du Matériel " n'existait pas encore, nous recevions des mitrailleuses américaines Colt. Belle arme certes, mais faite plutôt pour des tirs de stands que pour des tirs de guerre. Puis arrivaient d'Espagne, de beaux mulets, qui n'avaient jamais été bâtés et qu'il fallut dresser, des chevaux, des voitures et enfin, conduit par le Lieutenant GRIMAUD, arrivait le contingent qui devait compléter notre compagnie dite " Compagnie de mitrailleuses de Brigade ", dont le commandement devait être confié au capitaine CARRE. Peu de temps après notre arrivée dans la zone armée, ladite compagnie devait être scindée en trois et former les 3 compagnies de mitrailleuses du 409è.
Personnellement, je fus affecté, avec le Lieutenant MAUGER, à la 3è CM (Capitaine MERLIN), puis après les combats de la Somme (oct 1916) à la 1ère CM (Capitaine DE FRANCE).
Je ne veux pas terminer cette évocation sans rendre un hommage à la mémoire du Lieutenant MAUGER. Bien qu'il ne soit resté qu'un an environ au 409è, ceux qui l'ont connu, apprécié et estimé, comme CARRÉ et VALTAT, pourraient écrire sur lui, des pages de souvenirs.
Il fut un bon et brave officier, il s'est battu courageusement notamment à Verdun, dans la défense d'Hardaumont où il fut très grièvement blessé puis fait prisonnier et rapatrié par la Suisse comme grand mutilé.
A chacune de mes permissions, je me faisais un devoir et une joie d'aller lui rendre visite ; il était heureux des nouvelles que je lui apportais de ses anciens camarades.
La guerre terminée, nous nous retrouvions souvent, soit à son épicerie des Halles, ou plus souvent à son annexe, le petit bistro du coin de sa rue, où, devant le zinc et les clients assemblés, il aimait raconter ses souvenirs sur son 409è ; ce qui faisait dire au patron du bistro :
" MAUGER ? Ah ! Un rapide ".
A son décès, j'ai eu le triste privilège de l'accompagner à sa dernière demeure, le cimetière de Montrouge, autant à titre personnel qu'au titre de représentant de notre Amicale.
MAUGER ?... Un rapide. Oui ! Il était aussi un brave homme, au bon coeur et un excellent camarade.
par L. ALAPHILIPPE - secrétaire et trésorier de l'Amicale, rédacteur en chef de l'Entraide bulletin de l'Amicale des anciens du 409è
14 novembre 2009
Souvenirs sur la naissance des compagnies de mitrailleuses du 409 (1)
Personnellement, n'étant pas passé par Chinon, je n'ai pas vu naître les bataillons du 409, par contre, j'ai vu naître ses premiers mitrailleurs. J'en ai d'ailleurs gardé un souvenir que je suis toujours heureux d'évoquer.
Après avoir bataillé avec le 66è RI, d'abord du côté de Nancy : Nomény, Champenoux (que je devais revoir en ruine avec le 409è au début de 1917), puis participé à la fameuse bataille de la Marne (qui a coûté si cher au 66è) et enfin du côté de la Montagne de Reims, d'où blessé et mal en point, je fus évacué à l'intérieur en novembre 1914.
Remis sur pied, je rejoignis le dépôt de Tours, en janvier 1915. L'ambiance du dépôt ne me plut guère, je ne me sentais pas disposé à refaire l'école du soldat, apprendre à marcher au pas cadencé et à mettre l'arme sur l'épaule en décomposant. Les 3 mois de bagarres que je venais de tirer, me faisant trouver cela superfétatoire. Stage de mitrailleur et être ensuite affecté dans un nouveau régiment, dit " Régiment de Marche ", destiné disait-on, à partir du côté des Dardanelles dont on parlait beaucoup à ce moment là. Estimant que les voyages forment la jeunesse, je me fis inscrire. Quelques jours après, un petit détachement d'une trentaine d'hommes, conduit par un sous-officier, quittait Tours pour le camp de la Courtine, où nous étions accueillis par un sous-lieutenant qui tout de suite nous paru sympathique, bien qu'à première vue il me donna l'impression d'un personnage sorti d'une comédie courtelinesque, avec des moustaches en accroche-coeur, culotte rouge bien bouffante, les mains dans les poches de côté de sa vareuse, le képi mou et cabossé, plus haut derrière et formant pointe. L'officier qui portait ce képi, dit " à la Saumur ", légèrement incliné sur le côté, c'était le Lieutenant MAUGER.
Après avoir pris connaissance des papelards nous concernant, il nous conduisit et nous installa dans notre casernement, puis, afin de faire plus ample connaissance, il envoya quelques-uns d'entre nous, chercher quelques bidons de vin blanc. Il nous questionna et s'intéressa sur nos origines. Lui-même nous fit savoir qu'il était d'origine angevine (on s'en doutait déjà à la façon dont il vidait ses quarts de vin blanc). Je ne sais si c'était le fait que j'étais parisien, habitant le même quartier que lui, ou bien que j'étais le seul du détachement ayant déjà fait campagne, mais j'avais l'impression qu'il me portait plus d'attention.
Enfin, sous la direction d'instructeurs qualifiés, nous avons tout de même, fait tous ensemble, du bon travail : étudié le mécanisme et le fonctionnement des différents modèles de mitrailleuses : Hotchkiss, St-Etienne, Puteaux, Maxim, Vickers ; tirs réels, manoeuvres, etc...
Chaque soir, de retour au casernement, le Lieutenant MAUGER passait une heure avec nous ; non pas uniquement pour faire la critique des exercices, mais pour parler " du pays " et vider quelques bouteilles de blanc (et pourtant j'aime mieux le rouge). Le dimanche, peut-être nous aurait-il conduit en détachement dans une certaine maison dite " Aux Volets Verts ", mais sans doute que les heures réservées aux simples soldats ne correspondaient pas avec celles réservées aux officiers.
Enfin notre stage terminé, sous son autorité, nous reprenions le chemin de retour. Au cours d'un voyage, qui devait durer près de 48 heures : camp de la Courtine - camp d'Avord (car c'était là notre destination), le malheureux wagon dans lequel nous voyagions, devait être fréquemment remisé sur des voies de garage et souvent pour plusieurs heures. Mais heureusement pour nous qu'il y a toujours près des gares un " Café de la Gare " où le pauvre troupier pouvait aller s'abreuver. Lorsque le temps d'arrêt le permettait nous allions aussi visiter les cafés de la ville, où le Lieutenant MAUGER aimait parler, devant les gens du cru, des " futurs " exploits de ses guerriers...
A suivre...
Par L. ALAPHILIPPE - secrétaire et trésorier de l'Amicale, rédacteur en chef de l'Entraide bulletin de l'Amicale des anciens du 409è
12 novembre 2009
Souvenirs de tranchées - J. PROUST
Au cours de l’hiver 1917-1918, alors que le régiment était en ligne devant Nomény, le poste de secours du 3è bataillon était installé dans ce qui fut le « Café de la Gare ».

2 vues du Café de la Gare à Nomény avant 1914
Un certain jour, vers 11 heures du matin, un officier dont la tenue n’était pas celle d’un combattant des lignes, se présenta et demanda qu’on veuille bien le conduire au poste de Commandement. Le médecin POIRE me chargea de cette mission. Nous nous dirigeâmes vers la passerelle qui permettait de traverser la Seille, pour ensuite emprunter le boyau et, après avoir parcouru une cinquantaine de mètres, l’Officier en question s’arrêta, et se mettant au garde-à-vous, salua un autre Officier qui venait des premières lignes en disant :
« Capitaine DE LOISANS, de l’État-Major »
Il s’entendit répondre par cet officier, chef de section, qui avait rectifié la position
« Lieutenant BLARDA…des Tranchées !!! »
Inutile de vous dire que nous avons tous bien ri de cette réponse, qui, au fond, était une riposte bien envoyée.
J. PROUST – ex cycliste du Médecin du 3è bataillon du 409 (Entraide 1960)
11 novembre 2009
91è anniversaire de l'Armistice 14 - 18
Extrait de l'historique du 409è RI :
Enfin, le 11 novembre 1918, le Maréchal PÉTAIN, Commandant en Chef les Armées françaises, décide que le 409è RI, qui a obtenu 4 citations à l'Ordre de l'Armée pour sa brillante conduite devant l'ennemi, aura droit au port de la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.
[erreur de date indiquée dans l'historique, c'est le 11 décembre que le Maréchal PÉTAIN accorde le droit au port de la fourragère, comme indiqué sur l'un des diplômes remis aux combattants.]
Ce blog a un an d'existence. Vous êtes nombreux à le visiter et je vous en remercie. Que de chemin parcouru en 1 an !
Des visiteurs du monde entier, d'Europe bien sûr mais aussi d'Angola, d'Arabie Saoudite ou encore d'Afrique du Sud...
Plus de 3.000 visiteurs pour plus de 10.000 pages vues (statistiques du fournisseur).
Plusieurs descendants se sont manifestés.
Des remerciements particuliers à tous ceux qui contribuent à rendre vivant ce blog. Ils se reconnaîtront.
En route pour une nouvelle année et la suite du parcours du 409è RI et de ses combattants !
03 novembre 2009
Quelques vues de Cauroy...
Relevées dans le Guide Michelin des champs de bataille quelques vues du village et quelques cartes postales

L'église avant et après 1914
La rue de Cauroy à Cormicy

26 octobre 2009
Les souvenirs de Gaston JOUAN
Vieux souvenirs
Je crois avoir déjà rappelé que je suis un ancien " Sans Tabac " ; traduisez : le glorieux 66è régiment d'infanterie, caserné à Tours.
Incorporé le 10 octobre 1913, je fus affecté à la 6è Cie, capitaine MARTIN et lieutenant GOUSSU.
En mai 1914, ma compagnie quittait Tours pour se rendre par la route (32 kilomètres sac au dos), pour le Camp du Ruchard, d'où nous revînmes en juillet, peu de temps avant la mobilisation.
Le 5 août, ce fut le départ du régiment pour Toul.
Après avoir participé aux escarmouches de Nomény et à la bataille du Grand Couronné, ce fut la bataille de la Marne et la trop fameuse journée du 8 septembre, au cours de laquelle le régiment subit une véritable hécatombe à Fère-Champenoise.
Enfin, en octobre, arriva la course à la mer et le 66è RI, de même que les autres régiments du 9è Corps, occupèrent le terrain au nord d'Ypres.
Blessé d'une balle dans la région mastoïdienne droite, je fus évacué à l'Hôpital auxiliaire n° 14 à Châtellerault, où je fus opéré. J'y restais du 3 novembre au 8 décembre [1914].
Deux noms me sont restés en mémoire que se rappelleront certainement les vieux Castelleraudais : le Dr ORILLARD et M. Paul PAPILLAUD.
Inutile d'assurer que nous étions admirablement soignés. C'était l'époque où, pour 0 fr 50, nous pouvions nous offrir comme casse-croûte, un " Chabi " et une chopine de blanc.
Ce qui précède est pour moi une première raison d'être attiré vers Châtellerault [lieu de l'assemblée générale de l'amicale pour 1960].
La seconde raison est que c'est dans cette ville que, adhérent de l'Amicale, présidée par DUBRULLE, j'avais le plaisir de renouer avec l'Amicale relancée par CAGNAC, lors de l'Assemblée de 1946 qui se tint dans la dite ville, emmenant, avec moi, un ancien du 409, Charles DUVIVIER qui, de ce fait, adhéra, ce jour-là et devint, par la suite, président du Groupe Anjou.
Ces souvenirs, vieux déjà, font que c'est pour moi un plaisir toujours renouvelé de retrouver cette bonne ville de Châtellerault, où je compte de bons camarades et amis.
Gaston JOUAN - Entraide 1960
23 octobre 2009
Souvenirs de la 6è Cie (3)
Le PC du lieutenant ROBIDA
Ce même Général dont il est question ci-dessous avait, à Roye-sur-Matz, un PC remarquable par sa cuirasse externe et interne d'innombrables sacs à terre. C'était peut-être pour tenter de l'imiter que le lieutenant ROBIDA voulut avoir, lui aussi, un PC solide. Les sacs à terre manquaient à La Rue des Boucandes, au pied du Plémont, mais les pierres à bâtir abondaient autour de quelques maisons en ruines, et le travail commença. Pour de la belle ouvrage, " c'était de la belle ouvrage ". Si on interrogeait le lieutenant sur la solidité de son oeuvre, il souriait d'un air entendu. De sa voix traînante, il répondait : " Pas besoin d'architecte ni d'ingénieur ". Et les pierres de continuer à s'entasser.
Mais voilà qu'une nuit, un fracas épouvantable réveilla tous ceux qui n'étaient pas de garde, et le jour se levant révéla un énorme tas de pierres et, cette fois, aucun sourire au-dessus de la barbe rousse du lieutenant ! "
Une photo de la construction est reproduite dans l'Entraide de 1961
22 octobre 2009
Souvenirs de la 6è Cie (2)
Toujours extrait du bulletin de l'amicale des anciens du 409è RI " l'Entraide ", une nouvelle anecdote du Lieutenant MOINET :
Général et Poilus
La 6è Cie était en réserve à Canny-sur-Matz. Un matin, je surveillais une corvée chargée de creuser un très large et très profond boyau entre Roye-sur-Matz et Canny. Survint le Général, dont j'ai oublié le nom ; son PC se trouvait à Roye.
Avisant un de nos gars qui avait cessé son travail pour le laisser passer, le Général, d'un ton jovial assaisonné d'un peu d'accent méridional, demande :
- " Eh bé, mon brave, sais-tu pourquoi tu creuses un boyau ?
L'interpellé bafouille
- Té ! reprend le Général, c'est pour que je puisse passer avec mon cheval !
Et il repartit, mais s'arrêta presque aussitôt.
- Et toi, dit-il à un autre gars, tu sais le nom du Colonel qui commande ton régiment ?
La réponse claque :
- CLOGENSON *, mon Général ! "
Dégoûté et pensant sûrement n'avoir affaire qu'à des crétins, le Général, sans autre commentaire, poursuivit son chemin.
* CLOGENSON était le nom du Commandant du 2è bataillon dont faisait partie la 6è compagnie: le Chef de bataillon CLOGENSON.
__________
Le Colonel Georges CLOGENSON 1898-1985 est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris 20è.
Merci à Jacques SEYNAEVE qui recense les sépultures individuelles de militaires.
Ce message est le 200è du blog







