9 mai : L'attaque se déclenche à 11 heures.

Au bataillon de gauche, la progression de l'attaque de front se fait sans difficulté, les obstacles étant détruits. Le barrage allemand tombe derrière notre vague d'assaut qui occupe la tranchée objectif après une lutte violente.
La totalité de la tranchée objectif est occupée sur le front du Bataillon CARROT. Il est à ce moment environ 13h40. Une centaine de prisonniers et 2 mitrailleuses sont dirigées vers l'arrière.
Au bataillon de droite la progression est plus difficile. Dès la sortie de la vague, le peloton de droite est en butte aux tirs de mitrailleuses placées dans le boyau de Lissa et autour de la jonction de ce boyau avec la tranchée Von Hoesler. En quelques instant nos pertes deviennent importantes : du détachement chargé d'assurer la liaison avec le bataillon de droite (Bataillon DAUGER) il ne reste plus que le sergent. Les grenadiers qui ont pour mission d'enlever le barrage du boyau de Lissa perdent un caporal et 5 hommes, ils ne peuvent progresser.
L'Aspirant BOUILLY, chef de section qui s'est vaillamment porté en avant de sa section est tué. Il ne reste de cette section que quelques hommes qui sautent dans la tranchée objectif où ils se soudent au peloton de gauche du bataillon qui lui, a pu s'en emparer, et faire, après un combat violent une quinzaine de prisonniers.
L'objectif est donc atteint depuis la gauche du bataillon CARROT jusqu'au centre du bataillon LAUGIER, mais là un vide de 150 m environ existe et ne peut être comblé malgré les efforts des pelotons et des sections de mitrailleuses de soutien qui sont également engagées.

2è phase : Contre attaques allemandes.

Vers 15h le Sous-lieutenant POUZET voit de la tranchée conquise d'importants rassemblements ennemis aux environs de la Ferme Ste Marie.
Le fait est signalé avec une demande de tir de concentration. L'artillerie répond à la demande, mais ils ne tardent pas à se reformer et, de la tranchée conquise on voit la contre attaque se dessiner et progresser dans 2 directions différentes. De front d'abord sur plusieurs lignes de tirailleurs tenant le Bois de Séchamp et le terrain libre entre ce bois et le Champ du Seigneur dans la direction Est-Ouest. Le barrage français est demandé par fusées répétées sur tout notre front.
Le Lieutenant DE VALLOIS en lance personnellement 8 en peu de temps, son adjudant en lance le même nombre, d'autres sont lancées par les gradés de la Cie.
Le Sous-lieutenant GUESDON (11è Cie) en fait lancer 25. Le tir de barrage ne se déclenche pas. Il est également demandé par téléphone mais la voie est indirecte ; il faut aller du Cdt de bataillon au Colonel, de celui-ci à l'ID, de l'ID au Cdt de l'AC qui actionne enfin le Cdt du groupe intéressé.
Le temps passe et la contre attaque est sur nous.

3è phase : Repli sur la tranchée de départ.

Le bataillon DAUGER a déjà du se replier, notre flanc droit est découvert. L'ennemi en profite pour attaquer la 11è Cie et les éléments de la 9è et de la 10è qui sont à sa droite, à la fois de front et sur leur flanc droit.
La résistance est énergique, l'élan des 3 premières vagues ennemies est brisé par nos feux. Mais l'attaque de flanc progresse. Une de nos mitrailleuses est mise hors de service, une autre est enrayée. Les munitions commencent à manquer. Le repli s'opère par petites fractions vers la ligne de départ. Tout en continuant à maintenir l'ennemi et à assurer sa liaison avec la 5è Cie par le boyau du Gibet, le 3è bataillon reprend sa position de départ.
Le bataillon CARROT qui tient toujours tout son front, est soumis à un bombardement violent qui s'étend également sur l'arrière. La contre attaque allemande approche par petits paquets d'abord, puis par vagues. Le tir de notre artillerie qui n'a pas cessé de toute la journée, il faut le reconnaître, n'a pas la densité voulue, ce n'est pas le rideau de fer derrière lequel l'infanterie se sent en sécurité et cependant nos fusées le demandent toujours.
Un premier assaut est repoussé par nos mitrailleuses et nos FM.
Le tir de l'artillerie allo... augmente d'intensité.
La 5è Cie est maintenant attaquée de flanc par suite du repli de la 11è. Elle est très éprouvée. La 6è et la 7è ont subi également de grosses pertes. La Cie de renfort du bataillon du 174 RI est engagée , il n'y a plus de renforts à attendre. La 5è Cie se replie sur sa parallèle de départ tenant sous son feu l'ennemi qu'elle oblige à s'arrêter sur ses anciennes positions. Il est environ 17h.

Emploi du bataillon de réserve.

Certains éléments du bataillon de réserve ont été engagés peu de temps après le début de l'action. Il le fallait en raison des pertes subies par les Cies d'attaque.
A 12h15 les 2 pelotons de la 7è Cie avaient été mis à la disposition du bataillon CARROT avec 2 Section de mitrailleuses. Un peloton de la 5è Cie avait été envoyé au Cdt LAUGIER avec 1 Section de mitrailleuses.
A 15h15 la situation du bataillon de réserve était la suivante :
- 7è Cie en 1ère ligne : 1 peloton avec la Cie DE VALLOIS, 1 section avec la Cie DUPUY, en soutien 1 section.
- 5è Cie en 1ère ligne et en soutien : 1 peloton en réserve autour du PC LAUGIER. 1 peloton à 18 heures.
La 7è Cie et 2 SM à la disposition du bataillon CARROT sont réparties entre la 1ère ligne et la ligne de soutien. La 5è Cie et 2 SM sont dans la même situation au bataillon LAUGIER.
La 6è Cie de réserve de Sous-secteur.

Prises effectuées au cours de l'opération :
1°/ Prisonniers : 3 officiers, chiffres approximatifs : 120 hommes de troupe
2°/ Matériel : 2 mitrailleuses légères.

Pertes subies par le 409è du 8 au 9 mai :
Blessés : 240 dont 5 officiers
Tués : 53
Disparus : 64