J'avais évoqué il y a quelques jours les risques qui couraient sur l'ancien champ de bataille de Quennevières, où combattit le 409è RI
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Didier GUENAFF, Président de l'association Patrimoine de de la Grande guerre, m'a communiqué un memento de quelques pages rédigé par un ancien du 409è RI : le Caporal-fourier André SAULNIER.

Ce petit opuscule est préfacé par le Général Raymond VALTAT, auteur d'une petite histoire du 409è qui enrichit le blog.
Le Caporal-fourier André SAULNIER était un bleuet de la classe 1915. Mobilisé au 32è RI de Chatellerault, il fut incorporé au 409è RI dès sa création. Son récit concorde en tous points avec les autres sources : historique, petite histoire du 409è ou encore histoire vécue par les poilus du 409è RI.
Cependant, on y trouve des impressions personnelles, des petites anecdotes que je vous ferai partager au gré du blog.

Voici l'avis du Général VALTAT (extrait de la préface de l'opuscule) :

" [...] vous avez vu avec le regard tourmenté de l'homme qui vise à ras du sol et dans la neige, le spectacle de la désolante grandeur que constituait un champ de bataille devant le Fort de Vaux, en mars 1916. Tandis que moi Chef de Section et Commandant de Compagnie, j'avais l'esprit absorbé, et même dispersé, par mes petites occupations qui m'arrachaient au sinistre métier de l'homme du rang ; car il faut lui rendre ce rare hommage : il saignait souvent sans comprendre l'opportunité du sacrifice, enflammé seulement par le magnifique souci de faire honneur à son devoir.
Vous avez donc mieux jugé que moi la valeur d'une gloire obscure.
Et c'est ce qui ressort de vos écrits, et que renforce la simplicité inséparable de la beauté des gestes guerriers. "

Le Caporal-fourier André SAULNIER fut blessé lors des combats pour la défense du Fort de Vaux en mars 1916.

Il reçut la citation suivante à l'ordre du Corps d'armée le 6 avril 1916 :

" A porté des ordres sous les bombardements les plus intenses avec un sang-froid remarquable. S'est présenté comme volontaire pour aller chercher un de ses chefs tombé dans un ravin violemment battu. Son chef tombé, a contre-attaqué avec une compagnie voisine. "

Après sa convalescence, il poursuivit son parcours jusqu'à la démobilisation dans différents autres régiments.

Il était titulaire de la Médaille militaire, Croix de guerre, Croix du Combattant, Médaille de Verdun, Médaille Interalliée, Médaille de la Victoire, Médaille de la Marne, Médaille de la Somme, Médaille des Blessés, Chevalier du Mérite social.