... un poème écrit par Paul BONDUELLE, ancien brancardier de la 11è Cie, puis médecin aide major au 2è bataillon du 409è RI, paru dans le n° de l'Entraide de 1956, 40è anniversaire de la bataille de Verdun et des combats devant Vaux devant Damloup.

Verdun, cité de l'épouvante,
Chaque printemps fleurit ton front
Pour te rendre plus séduisante
Tu n'en restes pas moins..." le front ",
Verdun, cité de l'épouvante.

Verdun, indomptable falaise,
Quand l'été brille sur tes forts
Le vent, en soulevant ta glaise
Met dans l'air la cendre des morts,
Verdun, indomptable falaise.

Verdun, terre martyrisée,
L'automne dore tes vallons
Et fait d'une branche brisée
Un ossement sous nos talons,
Verdun, terre martyrisée.

Verdun, gigantesque ossuaire,
La neige épaisse de l'hiver
T'ensevelit comme un suaire
Sous lequel resplendit le ver.
Verdun, gigantesque ossuaire.

Verdun, reine de la bataille !
L'endroit des choses les plus sanglants,
Jadis rasé par la mitraille,
Est aujourdh'ui semé de glands ;
Verdun, reine de la bataille.

Verdun, dernier espoir du monde,
Quand la liberté, aux abois,
Résistait au barbare immonde,
Les oiseaux chantent dans tes bois,
Verdun, dernier espoir du monde.

Verdun, miracle de la gloire,
Où l'immortel : Debout les Morts !
A redressé, pour la victoire,
Les débris de leurs pauvres corps
Verdun, miracle de la gloire.

Verdun, symbole de la race !
Où l'idéal vainquit l'effroi,
Douaumont met sa carapace
Et la lueur de son beffroi,
Verdun, symbole de la race.

Verdun, théâtre du grand drame,
Dans ton ciel, j'aurais voulu voir
Quelque géante Notre-Dame
Dresser ses tours de marbre noir,
Verdun, théâtre du grand drame.

Verdun, funèbre capitale
Où les canons à pleine voix
Ont lancé la mort infernale,
Que la paix règne sur les croix,
Verdun, funèbre capitale.

Verdun, Sainte Cité française,
En te retrouvant sous les fleurs
Mon sang chantait la " Marseillaise "
Mais mes yeux se mouillaient de pleurs
Verdun, Sainte Cité française.

Docteur Paul L. BONDUELLE
Président des AC d'Houdain
Juillet-Août 1925

En mémoire de tous ceux du 409è RI qui furent blessés, tués, portés disparus ou encore capturés lors des combats de mars 1916 pour la défense du Fort de Vaux. Parmi eux il y avait Frédéric BOUCHER, André BONNIN, René LÉPICIER-GARNIER, Jules GODEFROY, André SAULNIER, Roger FROMIOT, Albert BROUSSARD, Louis BEAUFIGEAU, Joseph LEMAIRE...