David, que je remercie, m'a communiqué un extrait de L'Hécatombe sacrée de la Flandre Française, où est cité un homme du 409è RI : le Sergent Joseph DESOUTTER.

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Joseph DESOUTTER originaire de Haubourdin (59) est décédé lors des combats de Cauroy, il allait avoir 23 ans.

Des extraits de récit de l'un de ses chefs le Capitaine Bernard DE LA BARRE DE NANTEUIL et de l'un de ses camarades J. BACH relatent ses derniers instants.

[...] Plus près de Loivre voici le Godat : c'est une ferme voisine d'un bouquet d'arbres sur le chemin d'Aguilcourt à Courcy, derrière le fameux boyau du Gibet toujours tenu par l'ennemi, et le bois du Seigneur qui détache sur la paline grise sa masse sombre.
Au 409è régiment d'infanterie, le Sergent Joseph DESOUTTER attend l'heure de l'attaque : à force d'énergie il domine sa grande nervosité. Depuis un an il frôle la mort, il ne se sent plus maître de lui : la guerre l'a mûri [...]

Joseph DESOUTTER était attiré par les Missions étrangères, il faisait don de certaines des primes qu'il recevait :
" Priez pour moi, j'ai une opération délicate et difficile à réaliser ; si je puis réussir à ramener un prisonnier, ce sera encore 50 F que je pourrai envoyer aux Missions. "

" La Somme et Verdun furent témoins de sa vaillance : les citations qu'il a obtenues, quoique très élogieuses, n'ont pas été suffisante récompense de son courage et de sa conscience du devoir "
J. BACH du 409è RI

9 mai 1917 11 heures :
La première vague d'assaut bondit de la tranchée ; c'est le 1er peloton ; le Sergent DESOUTTER, de la 1ère section, marche en tête et s'élance avec un entrain admirable à l'assaut de la 1ère ligne allemande. Mais un élément de la tranchée qu'il a conquise d'un bond résiste éperdûment : Joseph avec ses grenadiers s'en approche pour y lancer des projectiles :

- Rendez-vous

crient les Français : les Allemands ripostent. Joseph veut les convaincre en leur parlant allemand, quand une grenade vient le frapper à la cuisse droite. Impossible de lutter davantage ; deux de ses camarades l'aident à descendre à l'entrèe du boyau qui conduit aux parallèles de départ et le quittent pour retourner au feu. A ce moment l'ennemi, sur le point de lancer une contre-attaque, déchaîne sur nos positions un tir de barrage violent. Le blessé, pour s'y soustraire, s'abrite dans un des trous individuels creusés dans la paroi crayeuse... L'avalanche s'abat très dense sur ce pauvre coin de terre, les vageus de al contre-attaque le balaient à leur tour et du sergent blessé, il ne reste plus trace : Joseph est enfoui.


D'après les récits du Capitaine Bernard DE LA BARRE DE NANTEUIL et de J. BACH du 409è RI