VII – Les préliminaires de l’attaque des creutes du Soissonnais

Nous avons la tâche de tenir le secteur devant la Ferme de la Malmaison, en attendant l’attaque que d’autres feront, dans un style si aisé que, passés en soutien, nous n’aurons même pas à intervenir. Nous animons le contact par nos coups de main fréquents, nécessaires pour préciser le renseignement sur les dispositions ennemies. La capture des prisonniers nous rassure : confiants dans la sécurité de leurs abris souterrains, les Allemands comptent bien rééditer l’aventure du printemps en nous contre-attaquant puissamment. Mais sur un front plus étroit, nos feux d’artillerie seront plus puissants, plus profonds, et notre progression plus lente. Lorsque nous livrerons la parallèle de départ aux troupes d’assaut, après avoir assisté à une préparation qui réjouissait tous les connaisseurs, nous n’aurons eu que le désagrément, pendant près d’un mois, d’attaquer par section ou par compagnie ; et le commandement y ajoutera l’humble corvée de ravitailler l’attaque des autres. Le but essentiel est atteint : l’Armée et le Pays ont repris confiance dans les procédés d’offensive massifs et lents. La campagne de 1918 en éveillera d’autres.

En attendant, le 409 retourne au repos dans ce Multien qu’il apprécie comme il convient et ne le quittera qu'à regret pour les Vosges, le 4 décembre.

L’année 1917 décline sur une double amertume : JOFFRE a été éliminé au début et le Colonel DERDOS s’en va à la fin.

Ce sont, là, deux figures qui, à des hauteurs différentes, ont bien représenté la solidité, le calme et la résolution.

1918 s’annonce : trois noms dominent maintenant l’action : CLÉMENCEAU, FOCH et TREILLARD.


Extrait de La petite histoire du 409è par le Général VALTAT in L'Entraide, bulletin de l'Association des Anciens du 409è.