Le 7 [mars 1916], à 5 h du matin, les Boches cherchent à prendre la fameuse redoute : échauffourée, tués, blessés et prisonniers des deux côtés.

Je suis appelé au PC du Colonel, où se trouve à ce moment le Général de Brigade pour savoir ce qu'il faut faire pour empêcher les incursions.

Le réseau était bon, mais il n'y avait pas de tranchées derrière (le sol est le roc). Je dis d'en faire.
C'est ce qu'amorcera le peloton la nuit.

Je vois des prisonniers du 19è de réserve. Parmi eux, deux ont une tête de moins que moi et ont 19 ans.

Puis le bombardement commence et dure très intense jusqu'à 21 heures, intermittent toute la nuit.
Malgré tout, à 22 h 30, je rassemble mes hommes. Nous partons en colonne d'escouade par un, amorçons une tranchées, repoussons une patrouille par une fusillade et rentrons le 8 à 4 heures sans casse.

Le sol de la redoute était jonché de fusils, couteaux de tranchée, grenades boches. Je pris un fusil tout neuf.

A suivre