Comment retrouver le parcours du Lieutenant HOURTANÉ ?

Un petit tour sur la base Léonore pour voir si un dossier à ce nom y figure : un Jean-Baptiste HOURTANÉ est bien présent mais le dossier n'est pas communicable.

Date et lieu de naissance vont me servir à vérifier auprès des archives départementales (Pyrénnées orientales) si les registres matricules ne seraient pas consultables en ligne.
C'est le cas.

Quelle surprise de découvrir la fiche matricule de cet ancien officier du 409è à la carrière militaire très étofffée : elle ne s'arrête pas après la Grande Guerre, elle se poursuit dans les années 20, puis lors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la radiation des cadres pour limite d'âge en 1957. Jean-Baptiste HOURTANÉ est alors âgé de 65 ans.

Jean-Baptiste HOURTANÉ s'est engagé volontairement pour trois ans en 1911 au 125è RI. Il est nommé Caporal en mars 1912, pui Sergent en septembre. Il signe un nouvel engagement pour un an à compter de juillet 1914.
Il est promu Sous-lieutenant en décembre 1915 et affecté au 135è RI.

Cité à l'ordre de l'Armée le 10 mai 1915 :
Sous-officier extrèmement dévoué, intelligent, énergique, ayant fait preuve en toutes circonstances  de sang-froid  et de grande bravoure. A été blessé une première fois le 20 août 1914 d'un coup de feu à la jambe droite, une deuxième fois le 13 février 1915 par un éclat d'obus au bras droit.
Médaille militaire et Croix de guerre avec palme.

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Il passe au 327è RI en avril 1916 où il a été affecté par erreur, alors qu'il a rejoint le 409è RI comme officier mitrailleur au mois de mars.

Cité à l'ordre de la 120è Division le 26 octobre 1916
Officier d'un sang-froid et d'un courage à toute épreuve. A dans des circonstances critiques et malgré des pertes, pu obtenir de sa section de mitrailleuses, la mise en batterie sous de violents tirs de barrage. A donné un bel exemple d'entrain et de calme.

Cité à l'ordre de la brigade le 8 juin 1917
Officier brave et dévoué. Occupant avec sa section un emplacement d'une importance capitale violemment et constamment bombardé, a par son attitude calme maintenu chez ses mitrailleurs le sang-froid et la vigilance que comportait sa situation délicate.

Il est promu Lieutenant en décembre 1917.

Cité à l'ordre du 409è RI le 5 juillet 1918
Lieutenant commandant une compagnie de mitrailleuses, n'a cessé pendant la période de combats du 6 au 16 juillet, de se dépenser pour assurer des missions souvent très délicates en vérifiant constamment lui-même et sous les feux les plus violents l'exécution des ordres reçus.

Cité à l'ordre de la 167è division le 13 août 1918
Lieutenant mitrailleur dont les belles qualités de commandement et de bravoure se sont affirmées dans les affaires de juin et juillet 1918. A non seulement fait preuve de calme et de clairvoyance dans la conduite de sa compagnie, mais encore chargé à plusieurs reprises d'assurer des liaisons difficiles, s'en est toujours acquitté avec sang-froid et succès.

Cité à l'ordre de la 167è division le 22 octobre 1918
Lieutenant mitrailleur exceptionnellement courageux, toujours prêt à remplir les missions délicates. Le 27 septembre 1918, alors qu'un premier bond sur les tranchées ennemies n'avait pas abouti, s'est jeté résolument en avant malgré les obus et les balles et a réussi à accrocher les mitrailleuses sur le terrain.

Le ruban de sa Croix de guerre portait une palme et 5 étoiles. Il passe au 170è RI en 1919 où il est affecté définitivement. Il se marie en 1921.

Ultérieurement, il rejoindra la Légion étrangère aux 1er, 2è et 6è étranger et fera les campagnes du Maroc, puis la Seconde guerre mondiale et le Levant.
Il s'illustrera au cours de ces différentes campagnes et sera nommé Chevalier de la Légion d'honneur, élevé à la dignité d'Officier en 1940.
Titulaire de la Croix de guerre des TOE, de la Médaille commémorative du Levant, de la Croix de guerre 1939-1940 et de la Médaille d'honneur du mérite syrien.

Décédé en 1974 à l'âge de 82 ans.