LES VOSGES

Passons rapidement sur cette période heureuse, qui ne fut qu’un repos un peu agité au contact, qu’agrémentaient d’ailleurs les curieuses attitudes qu’avaient adoptées nos prédécesseurs ; les petites fermes fumaient sans aucune gêne de part et d’autre de la ligne de combat ; les prairies, à portée de fusil, se traversaient calmement, à découvert, aux heures du ravitaillement ; DESCARPENTRIES amenait ses invités à la popote, sous la vue et les feux éventuels de l’ennemi, en plein jour, après les avoir déguisés en femmes et munis d’un panier pour cueillir de prétendus pissenlits.

Mais les nuits étaient moins tranquilles, car des groupes d’assaut spécialisés d’Allemands s’exerçaient dans la région avec audace. Le 26 avril, ils réussirent à nous capturer trois des nôtres. Cette affaire nous coûta aussi deux tués, 11 blessés et quelques jours d’arrêts infligés par un Commandement nerveux à des chefs aimés de tous, et qui les accueillirent avec la souveraine indifférence qui caractérise le fantassin en guerre. C’est dans les yeux de ses camarades qu’il lit ses satisfactions, et rarement ailleurs….

Extrait de La petite histoire du 409è par le Général VALTAT in L'Entraide, bulletin de l'Association des Anciens du 409è.