II – DU 18 AU 28 OCTOBRE 1918

Le 18 octobre, sûr de la rigueur de ses déductions, FOCH développe sa manœuvre en préparant une nouvelle attaque sur le front de Lorraine, prête à se déclencher le 14 novembre. Elle vise à capturer les ponts du Rhin pour consommer la déroute allemande.

En attendant, il prescrit de renoncer au schéma, ce qui ne nous gêne guère, habitués que nous sommes aux manières vigoureuses de notre Colonel TREILLARD. Il ne faut plus être esclaves des lignes à atteindre ; les axes se respectent autant que faire se peu ; un ennemi saisi ne doit plus être lâché.

Redescendons de nos hauteurs stratégiques et rejoignons le 409 au seuil de ses abris boueux de Mesnil-les-Hurlus. Nous allons le voir l’innocent, mal informé, s’engager dans des marches qui lui paraissent indécises, mais nous sentons bien, maintenant, qu’elles s’insèrent très exactement dans la mise en place voulue par le Commandement.

Le 18 octobre, glissant vers l’Ouest, il campe aux abords de Mourmelon.

Les 19 et 20 octobre, franchissant la Marne, il cantonne au Sud de Reims, en des villages dont les noms et les vins laissent un souvenir bien doux : Rilly-la-Montagne et Chigny-les-Roses. Le Régiment est maintenant placé sur son axe, face au Nord, prêt à l’ultime et encore lointaine attaque.

Du 21 au 27 octobre, il monte au combat..

Le 21 il traverse Reims, qu’il connaît bien, et couche, le soir, dans le Fort de Brimont et au Godat, dans un paysage qu’il connaît encore mieux depuis  les sombres journées de 1917.

Le 22, il atteint l’Aisne et s’établit au bivouac, en réserve, entre Neufchâtel et Vieux-lès-Asfeld ; il y séjournera jusqu’au 24.

Le 25, il est poussé en seconde ligne à Villers-devant-le-Thour et la Ferme Tremblot.

Le 26, il avance jusqu’à Le Thour et à la Rue-d’Allemagne, ce qui semble un heureux présage ; il est sous le feu et perd les cinq premiers blessés de cette dernière bataille.

Le 27, il attend, ce qu’il sait faire placidement depuis longtemps ; encore sept blessés.

Le 28, il monte enfin en première ligne, face à cette impressionnante redoute naturelle qu’est Banogne. Sous les feux dominants d’un régiment allemand demeuré solide et fidèle, le 37è d’Infanterie, le 409 est éprouvé dans sa mise en place : huit tués et vingt et un blessés.

Extrait de La petite histoire du 409è par le Général VALTAT in L'Entraide, bulletin de l'Association des Anciens du 409è.