646 - Mercredi 11

A 3 h je suis réveillé par un type de la classe 17 qui dégringole dans la cagna : il avait pris JONCHERAY et VIDARD, sortis pour faire leurs besoins, pour des Boches. AUBERT le fait remonter en vitesse. A 4 heures, le Général de Corps d’armée, SCHMIDT, et une tapée d’officiers vient voir le saillant : un capitaine d’état-major me donne des cigares pour la section. Je me recouche tranquillement. A 1 heure, on fait évacuer la 1ère ligne car il paraît que l’artillerie va cogner sur les crapouillots boches. Ils ne se foulent pas car on n’entend que quelques coups de canon : les Boches s’aperçoivent de cela car ils se mettent à danser sur le parapet de leur tranchée. Tout de même vers 4 heures les 240 se mettent alors à tirer et sonnent la 2è ligne boche, il y tombe quelque chose !

Cela forme un nuage de fumée, bas, emporté par le vent. Les Boches répondent peu ou presque pas.

Tout se calme à la nuit. La section du Lieutenant COLLIN est relevée vers 10h1/4 et BOURCIER, qui reste avec la 5è Cie, vient dans mon PC. Il y a des allées et venues.

Vers 11h30, 3 torpilles dégringolent encore.

647 – Jeudi 12

Je m’endors vers 1 heure et AUBERT me réveille à 2. Tout est calme : je lis «  Lucrèce Borgia » et « le Roi s’amuse » ; cela me fait passer le temps. Les 155 commencent à tirer sur les crapouillots vers 7 heures et travaillent toute la matinée. Les Boches envoient quelques obus. Dans l’après-midi, un peu de calme revient : je joue aux échecs avec BOURCIER. Vers 6h1/2, le 75 commence à détruire les réseaux de fil de fer boches. A partir de 9 heures, il tape de temps en temps pour empêcher l’ennemi de travailler. Je prends le quart pendant la 1ère partie de la nuit. Les Boches envoient des grosses torpilles à partir de 11h ¼ : mais cela cesse bientôt. Le reste de la nuit est calme, je dors jusqu’à 10 heures. Dans l’après-midi, on fait évacuer les PP [petits postes] pour le tir du 37 ( !!!!) on croirait entendre une balle passer et une grenade éclater. BRUNO qui a la haute direction de tout cela veut sans doute de l’avancement. Je joue aux échecs.

648 – Vendredi 13

La journée est calme et il fait un très beau temps : on ne parle toujours pas de relève aussi les poilus commencent-ils à ronchonner sérieusement. DE CAMPAGNE a l’air de se plaire ici mais il ne se doute pas que nous ne pensons pas du tout la même chose. Le 37 tire encore : l’après midi se passe à faire évacuer les petits postes et à les réoccuper.

A 10h, un tir de barrage se déclanche sur la gauche et le 75 en profite pour faire son tir de destruction. Quelques minen vers onze heures. Je m’endors tout de même assez tard.

649 – Samedi 14

Je prends le quart à 2 heures et la fin de la nuit est calme ; vers 5 heures, un avion boche s’amène et lance des fusées tandis que leur artillerie se met à taper un peu partout comme pour faire un réglage. Très beau temps. Je me couche un peu et je suis réveillé par le colon qui me dit ce que j’ai à faire pour le coup de main. Toute l’après midi, des deux côtés, on fait de la contre-batterie. SERREAU, en travaillant dans le souterrain se trouve malade : le temps devient très lourd. Ce soir, vers 8 heures, étant à une pièce, deux tirs de barrage se déclanchent sur la gauche. Je fais préparer la section mais bientôt tout se calme. Je prends le quart jusqu’à 2 heures : rien d’intéressant.

A suivre...

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation