650 – Dimanche 15

Je ne me lève qu’à 10 heures. Tout est calme comme les jours qui précèdent les coups de torchon. J’essaye de dormir au commencement de l’après midi.

Puis je fais nettoyer les cartouches et les pièces : cela me prend jusqu’au soir. Je ne dors pas toute la nuit : je vais faire tirer des cartouches au petit poste pour voir où les balles passent.

651 – Lundi 16

Le Lieutenant CHATAIGNEAU arrive vers minuit : je casse la croûte et j’attends un peu que l’heure s’avance. Je laisse reposer les tireurs et les chargeurs. A 2 heures, tout le monde est alerté. J’installe les types dans le boyau. A 2h45, le barrage se déclanche et les pièces tirent : au bout de 5 minutes, la 1ère ne marche plus et l’autre est enrayée. Puis elles repartent. J’apprends que le coup de main est raté et que les types sont tombés sur un bec : les Boches les attendaient sur leur tranchée.

Le tir de barrage dure ¾ d’heure. Les pièces continuent de tirer avec quelques enrayages. Un percuteur casse à la 2è.

Tout se calme vers 3h1/2. Les Boches continuent à bombarder avec des gros. Je reste éveillé jusqu’à 7h et je me couche. Je dors toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi. Ce soir à 8h le 170 attaque : auparavant, on envoie des gaz. Le tir de barrage revient sur nous : j’alerte la section ; mais il n’y a rien d’anormal et tout se calme vers 10 heures. Le reste de la nuit est très tranquille : il pleut un peu.

352 - Mardi 17

En secouant ma pipe sur mon genou, je la casse aussi cela me met en rogne. Je dors jusqu’à 6 heures et j’écris pendant le reste de la matinée. Le caporal HERVÉ, venant en renfort, arrive à la section.

Je vais reconnaître au centre Pruias (?) l’endroit que je dois occuper. En revenant, j’apprends que je dois aller suivre un cours de tir contre avions du 20 au 23 à Jonchery.

HOURTANÉ vient reconnaître mon souterrain. La relève se fait à 10 heures : auparavant les Boches lancent un tir de fusées ; HOURTANÉ s’amène à 9h50 et à l’air un peu pressé. Enfin, nous partons et l’on arrive à 10h30. Je prends les consignes, fait mettre les pièces en batterie et laisse le commandement de la section à AUBERT. Je pars avec LALUE, MICHELON, CAULT et JONCHERAIS : à la cagna du Lieutenant, je trouve ROUSSEAU et JOUAN et j’attends jusqu’à minuit ; personne ne vient.

653 – Mercredi 18

Je me décide à partir : après en avoir bavé et attrapé plusieurs suées j’arrive au TC et le fourrier me montre mon lit. Je roupille jusqu’à 7 heures, puis je me nettoie et j’écris. On mange très bien. J’attends les lettres et je vais dans Reims envoyer des cartes chez moi. Je rentre un peu fatigué : après dîner, je regarde passer le 3è bataillon qui monte en ligne et je vais me coucher tard.

A suivre...

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation