René BRISSARD raconte son séjour à l'école de tir à Jonchery

654 – Jeudi 19

Il n’y a pas d’ordres pour partir, je me lève à 7h1/2 et je range mes affaires. A 11h1/4 REULIER arrive et  me prévient que j’embarque à midi : aussi je fais vite. Je trouve tous les stagiaires de la division : nous montons dans un camion qui nous débarque à la Ferme Montazin près de Jonchery vers 2 heures. Avec l’Adjudant MASSON du 174, je m’installe dans la baraque des officiers et nous descendons à Savigny faire un tour. Nous mangeons à la popote des sous-off de la CM [compagnie de mitrailleuses] de position avec un adjudant du 117 territorial. Je me couche de bonne heure.

655 - Vendredi 20

Le cours commence aujourd’hui, c’est plutôt peinard : on apprend le correcteur PB toute la journée : les aviateurs viennent nous rendre visite. On redescend à Savigny le soir.

656 - Samedi 21

La matinée se passe au tir et dans l’après-midi nous voyons d’abord le correcteur Cazeaux [réglette Cazaux-Labat] ; puis le Lieutenant des autos-canons alerte sa section et la fait manœuvrer. C’est assez intéressant. Il se met à pleuvoir, aussi j’écris.

657 – Dimanche 22

Ce matin et ce soir, tir : temps très chaud. A 22h les avions boches viennent lancer des bombes et les autos-canons tirent. Les bombes tombent sur la gare de Jonchery.

658 – Lundi 23

Les avions reviennent mais je ne me dérange pas. Nous allons au tir ; le temps est très chaud. A 2 heures, nous partons visiter le camp d’aviation de Rosnay mais nous sommes obligés de faire un détour car les crapouillots tirent.

Nous voyons quelques appareils et nous avons quelques renseignements.

Pour revenir, nous attrapons la suée. Le cours finit ce soir : on boit le champagne à la popote.

659 – Mardi 24

Il n’y a pas d’auto qui vient nous chercher : heureusement que les artilleurs nous emmènent. J'arrive au TC à 11 heures. Je mange et l’après-midi, je me repose. Chaleur accablante. Je vais coucher dans un café où j’ai un lit semblable au mien : je passe une nuit délicieuse malgré que des tirs de barrage se déclanchent au milieu de la nuit. Je joue même du piano.

A suivre...

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation