Voici ce qu'écrivait René BRISSARD il y a 98 ans, au mois d'août 1917 dans les environs de Reims :

667 – Mercredi 1er

Je me lève par un beau temps : après la soupe, je nettoie des cartouches et j'envoie 4 poilus travailler. On finit de nettoyer les pièces. Après la soupe, les types font les idiots sur la route, aussi les Boches envoient quatre 105 qui font rentrer tout le monde dans la cagna. Je me couche de bonne heure.

668 – Jeudi 2

Beaucoup de vent, je me lève tard. CASTILLE vient me dire que nous devons changer d'emplacement ce soir et aller devant les hangars d'aviation. La pluie se met à tomber. J'achève de brûler mes cartouches. Je fais tout préparer pour la relève qui doit avoir lieu demain matin.

669 – Vendredi 3

Je fais réveiller la section à 3 heures, mais comme ROY ne vient pas, je me décide à partir à 5 heures quand TRIPEAU arrive. J'arrive à 6 heures au centre de l'aviation : il pleut. Les abris sont peu solides et très sales. J'ai une chambre avec un lit et sommier mais pas solide du tout.

Je dors dans la matinée et j'écris dans l'après-midi.

PAILLISSON me fait jouer au Poker et je perds près de 3 francs. L'après midi paraît bien longue.

670 – Samedi 4

Je pars me changer au TC, sous la flotte. Quand j'arrive, cela cesse : avec MAILLIER je me nettoie et on va prendre plusieurs bouteilles. Dans l'après-midi je fais un petit tour en bécane. Je rentre à 8 heures et je me couche. J'emporte comme souvenir des pièces de la cathédrale de Reims.

671 – Dimanche 5

Je me lève à 8 heures : temps couvert. J'assiste dans une cagna à la messe dite par un aumônier du 2è bataillon, l'abbé BRILLAUD.

Nous ne sommes que trois. Dans la journée, j'écris.

672 – Lundi 6

Brouillard toute la matinée : il y a des enquêtes parce que des types sont allés piller le Familistère.

Je vais voir BIRON et GABORIAU et, en compagnie de ce dernier, je pousse jusqu'en 1ère ligne : j'attrape une suée. Je vois DEMAN de la 2è CM et FRONTEAU. Ce soir arrivent le Caporal HERVÉ, JANSSENS, BOULU, BABAULT et MICHELON du TC.

673 – Mardi 7

Journée calme, rien d'intéressant : il fait assez beau. Un avion vient faire une randonnée sur les lignes boches et tire sur les tranchées : une demi heure après, un avion boche en fait autant sur nous.

A suivre...

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation