4 mars 1916 raconté par Jean LAGRANGE, Adjudant à la 4e Cie (1er bataillon du 409e)

L'acharnement des boches a l'air de vouloir diminuer. Bombardement habituel, c'est-à-dire, bien soigné, mais pas d'alerte.

La veille, les boches étaient sortis devant nos voisins (le 21e Bataillon de Chasseurs). Les mitrailleuses ont fauché...

Entre chien et loup, reconnaissance d'un terrain que je dois faire fortifier pendant la nuit. Tranchée creusée de 20 à 24 h dans un bois de sapins haché par la mitraille. Que de peine pour se diriger dans la nuit noire. Il faut un flair particulier pour ne pas s'égarer.

En travaillant mes hommes piochent dans des cadavres. Des débris humains jonchent le sol. Quelle horreur ! Pas d'accident au cours de ce travail.

Merci de ne pas reproduire sans autorisation.

Extrait de l'historique du 409e RI :

Le 4, le Colonel NAULIN, commandant la Brigade, donne l'ordre de reconnaître et d'occuper l'ouvrage sud d'Hardaumont. La Cie DE NANTEUIL (12e) en réalise l'occupation.

De nombreuses reconnaissances sont exécutées, afin de fixer exactement l'emplacement des premières lignes de l'ennemi, dont l'infanterie s'organise activement dans les bois à 80 mètres au nord du Bataillon PROUST.

Vaux, vu du côté allemand par le RIR 19 :

Le 4 mars 1916, le 19e RIR s'établit sur les hauteurs d'Hardaumont et dans ses abris fortifiés. Il est très étoffé : ses 3 bataillons sont à 5 Cies et il est renforcé par deux détachements de mitrailleuses, 3 Cies de pionniers, une batterie de mortiers et un groupe de lance-flammes.

Le Major LANGSDORFF, qui le commande, se veut dès le début, inquiet par la pauvreté de ses vues : rien ne lui échappe, évidemment, des tranchées hâtivement creusées par les Français sur la croupe de la Carrière ; il discerne parfaitement le Fort de Vaux ; mais il ne voit rien, sauf par d'étroites échappées, du village de Vaux et de sa vallée.

Un seul point lui permettrait d'observer avec maîtrise : c'est l'éperon qui domine la gare et que ses fusiliers appellent déjà la " Tête de Pipe ". Cette expression fera fortune et s'inscrira dans l'historique allemand. Or, les Français qui l'occupent ont montré avec vigueur qu'il entendaient y demeurer. Il importe donc de l'enlever, coûte que coûte, pour y déployer le réseau des feux et des vues avant l'attaque décisive.