5 mars 1916 raconté par Jean LAGRANGE, Adjudant à la 4e Cie (1er bataillon du 409e)

Dans le courant de la journée, alerte aux gaz ! Chacun revêt le masque. Rien ne vient. Ca ne cogne pas trop fort.

Dimanche. Belle journée. Avions boches. A 19 h zeppelin signalé en marche vers le S. E. [Sud Est] Attention aux Parisiens.

Travail de nuit comme la veille. Impossible de le continuer à cause de l'arrosage d'obus.

Merci de ne pas reproduire sans autorisation.

Extrait du JMO du 409e

13 heures : colonnes ennemies infanterie et artillerie sont signalées vers Mogeville marchant vers l'Ouest.

15 heures : Trois avions allemands survolent Vaux et lancent des bombes sur le poste de commandement.

17 heures : Groupes ennemis de Mogeville continuent leur progression.

18 heures : Ordre est donné au Commandant PROUST de progresser jusqu'au petit bois, la pièce de marine, en liaison avec Hardaumont, et au Commandant DELAHAUT de prolonger sa ligne jusqu'à Hardaumont.

Extrait de Avec le 409è RI - histoire vécue des poilus du 409è - Maurice BRILLAUD

Le 5 mars, les deux reconnaissances ont donné les renseignements suivants :

A gauche, il existe un petit poste ennemi sur la lisière sud-ouest du bois ; les Allemands se sont fortifiés par une tranchée à 75 mètres, en arrière de la lisière.

A droite, le petit bois du ravin n'a pas été trouvé occupé, mais là encore l'ennemi se retranche fortement sur la hauteur ainsi que dans le bois des Boches.

De 8h30 à 16 heures, le bombardement fait rage sur les 6è et 7è Cies. Les projectiles sont des 150, 201, 280, 305, 380. Nos tranchées sont démolies, les maigres réseaux ne tiennent plus ; une section de mitrailleuses est complètement détruite : de nombreux avions ennemis survolent nos lignes toute la journée, à faible hauteur sans que notre artillerie puisse les inquiéter. " Où sont donc nos avions ? " crient les hommes. Là-bas 4 saucisses nous surveillent ; celle de l'est en veut plus particulièrement à la position de la 12è Cie.

Le Lieutenant BERNAJOUX, blessé à la tête et aux reins, passe le commandement de la 2è Cie de mitrailleuses au Lieutenant VALTAT.

Malgré l'orage, la liaison s'établit avec le 21è RI qui a remplacé le 4è chasseurs ; on attend le génie, les outils manquent, les demandes de chaque fraction sont les mêmes :

" Vite ! Qu'on envoie du fil de fer et des piquets pour les réseaux ! L'urgence est extrème. "

Sur nos têtes 6 avions passent et repassent ; ils survolent le village de Vaux et lancent des bombes sur le poste de commandement.