Cité dans les souvenirs de René BRISSARD, le nom du Lieutenant MONNET était précédemment apparu parmi ceux des hommes à l'honneur en novembre 1916.

Une première recherche dans la base Léonore permet d'y trouver son dossier de la Légion d'honneur.

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A la lecture de celui-ci, on apprend qu'il fut fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1920, puis élevé à la dignité d'Officier en 1961.

Son acte de décès indique qu'il était instituteur honoraire et également Officier de l'instruction publique. Veuf, il est décédé à Montsoreau (49) dans 86e année.

Complétons ces premiers renseignements par la consultation de la fiche matricule conservée aux archives départementales des Deux-Sèvres.

Victor MONNET, dont le père était cordonnier, était étudiant lors de son recensement en 1903. Ajourné en 1904, il fut déclaré bon pour le service en 1905 et incorporé au 114e RI. Il obtint le certificat d'aptitude au grade de sous-officier de réserve, ainsi que le certificat de bonne conduite.

Nommé caporal en 1906, puis sergent en 1907. Il accomplit une première période d'exercice en 1910 au 114e RI, puis est dispensé de la seconde alors qu'il est instituteur en 1912.

Il avait épousé en 1911 Jeanne PICARD à Vars (16).

Mobilisé en août 1914, il rejoint le 114e RI où il est nommé adjudant en septembre 1914, avant d'être promu sous-lieutenant en décembre 1915 et d'être affecté au 135e RI.

Il rejoint le 409e RI le mois suivant.

Il est cité à l'ordre de la 303e brigade le 27 octobre 1916 :

A maintenu sa section sous des bombardements meurtriers et a repoussé toutes les contre-attaques ennemies. Maintient très haut le moral de ses hommes. Officier énergique et d'une grande bravoure.

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Promu lieutenant en janvier 1917.

Blessé le 6 mai 1917 lors des combats de Cauroy, il est cité à l'ordre du 2e Corps d'armée le 22 mai 1917 :

Attaqué dans un petit poste, a résisté très énergiquement et est parvenu à repousser l'ennemi en lui infligeant des pertes élevées. Il ne cesse de donner l'exemple du courage à sa troupe sur laquelle il a pris un ascendant moral qui lui permettrait de l'entraîner partout.

Puis à l'ordre de la 43e DI le 27 novembre 1917, pour son attiude lors des combats de la Malmaison :

A fait preuve d'autorité et d'entrain et d'un grand dévouement en assurant le 23 octobre et les jours suivants dans un bombardement violent le ravitaillement des troupes de la 43e DI engagées dans la bataille de la Malmaison.

Nouvelle citation le 28 juin 1918 à l'ordre du 21e Corps d'armée :

Commandant de compagnie d'un dévouement inlassable et d'une grande bravoure a pris une large part à l'enlèvement d'un bois fortement organisé. A repoussé le lendemain une contre-attaque sur une partie de la Cie, et a maintenu l'intégrité du terrain conquis.

Blessé le 26 septembre 1918 lors de l'attaque de la butte de Souain, après avoir été cité quelques jours plus tôt à l'ordre de la VIe Armée pour son attitude lors des combats de l'Aisne :

Modèle de dévouement et de calme au feu, le 24 juillet a poussé tout le jour sa compagnie en avant-garde jusqu'aux lisières du village de Bézu malgré un bombardement et des tirs de mitrailleuses entièrement violents.
Le lendemain a chargé à la tête de ses hommes et réussissant à les déployer sous le feu dans un terrain biaisé et mal connu.

Enfin, cité à l'ordre du 21e Corps d'armée le 6 novembre 1918 :

Commandant de Cie de premier ordre d'une bravoure calme et réfléchie et d'un esprit de décision remarquable. Le 28 septembre 1918 [noté novembre] a entraîné vigoureusement sa Cie à l'attaque de la butte de Souain, a été blessé au milieu de ses hommes au cours du combat.

Le ruban de sa Croix de guerre comportait une étoile de bronze, une étoile d'argent, trois étoiles de vermeil et une palme.