947 Mercredi 8 mai 1918

Je dors jusqu'à 9h et je descends juste pour le déjeuner. ROBET essaye de me remonter un peu le moral, mais j'ai le cafard et je repars de suite pour le Chêna. La pluie a cessé et il y a une visibilité superbe. Le secteur est calme.

948 Jeudi 9

ROBET vient me voir avec la patrouille du matin et je descends avec lui à Wissembach. Nos successeurs du 360[e RI] ne tardent pas à arriver ; le commandant de la Compagnie à l'air très jeune, mais un peu bourreur de crâne. Je remonte avec lui au Chena, après déjeuner ; il n'est pas habitué à ces hauteurs aussi souffle-t-il ! Je veille à la préparation de la relève. Après la soupe, je me couche et je suis réveillé à 10 h 45 par la relève. Vers 762, il y a des éclatements de grenades et les mitrailleuses tirent. Je passe les consignes à l'adjudant du 360 et j'emmène la section ; il fait très noir jusqu'à la sortie du bois.

949 Vendredi 10

Nous arrivons au camp Berniquet à 1 h 30 ; le cantonnement a été très mal fait aussi les poilus doivent déménager. Je me couche à 2 h ½ et me lève à 6 h ½. Je casse la croûte et vais à Laveline ; dans l'après midi, je me rends à Gemaingoutte et au Repas. J'y retourne le soir. Beaucoup de types saouls.

950 Samedi 11

Nous partons à 2 h ½ ; j'ai des difficultés avec LHEUR que je finis par boucler ; celui-ci est de plus en plus saoul. Nous passons le col des Journaux à l'aube et après une longue pause, nous arrivons à Fraize. Je ne peux pas avoir ma chambre car ma propriétaire ne veut pas la donner et on est obligés d'aller chercher les cognes. Enfin, je peux me nettoyer. L'après-midi, je vais à Clefcy et je rentre avec l'orage. Je me couche à 10 heures après avoir passé l'inspection des permissionnaires.

951 Dimanche 12

Comme je reste pour le bien vivre, je ne me lève qu'à 8 heures. Je trouve des autos qui m'emmènent jusqu'à Corcieux. Nous sommes à Thiriville, sale patelin où les maisons sont éparses dans les champs : il pleut et c'est bien moche. J'ai un lit Vosgien. CULAN rentre à la compagnie. Je me couche de bonne heure, il fait très frais.

952 Lundi 13

Ce matin, il pleut à seaux. De plus, une épidémie de fièvre se déclare. Le Cap. MERLIN en est atteint et est amené en auto. La CM nous rejoint et mange avec nous. Les hommes se nettoient.

953 Mardi 14

Continuation du mauvais temps ; toujours repos et les malades s'en vont à l'infirmerie. Le médecin-chef vient voir MERLIN. Je tire des photos.

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation