11 octobre 1916 par Jean LAGRANGE

Pas de contre-attaque pendant la nuit. Nous sommes de moins en moins disposés à lâcher le terrain conquis. Les munitions sont arrivées en grand nombre. Les Allemands blessés sont toujours sur le terrain, on n'a pas le temps de s'occuper d'eux. Quelle nuit ont-ils dû passer ? Ils risquent maintenant d'être atteints par leurs obus. Quelle ironie.

Le duel d'artillerie se pousuit mais nous avons nettement la supériorité.

Déjeuner pris de bon appétit, la journée sera probablement moins dure que la précédente.

Les journaux arrivent. Mais oui. Nous y lisons l'article suivant :

Voir le message du 24 janvier 2010

C'est flatteur pour nous. Une telle lecture donne du coeur au ventre. Lu aussi dans l'Écho de Paris, que le 109e, notre voisin, avait attaqué en chantant la " Marseillaise ".

Quant à la tranchée conquise et baptisée sur le champ " Tranchée de l'inoubliable Grand Père ", soi-disant en l'honneur du général JOFFRE, elle portait ce nom bien avant notre attaque comme en témoignent tous les plans qui nous furent remis à ce moment. Mais pas de polémique, passons.

inoubliable

Le soir de ce jour, je fus chargé par le Commandant du 408e de barrer avec la Cie plusieurs boyaux et d'explorer le terrain pour capturer une quinzaine de boches qui, paraît-il, circulaient dans nos lignes.

Cela nous valut plusieurs heures de veille sans résultat.

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