20 octobre 1916 par Jean LAGRANGE

Au petit jour je gagne avec ma poignée de braves, notre ancienne première ligne " la tranchée du Prunier " située à environ 1.500 m de la nouvelle position.

polyphèmes_prunier

Il s'y trouve quelques abris où il et possible de s'étendre pour dormir. Nous n'avons plus de service de guetteurs à fournir. L'artillerie ennemie tire rarement sur ce point. C'est déjà une détente.

Mais quel trajet pénible pour s'y rendre.

Il faut d'abord franchir la zone de barrage d'artillerie continuellement battue, puis cheminer presque à tâtons dans l'eau ou la boue jusqu'au genou. Les cadavres boches du jour de l'attaque sont encore tels que nous les avons vus, ou pour mieux dire sont encore à la même place, car ils sont dans un tel état de décomposition qu'on n'en peut supporter ni la vue, ni l'odeur. Spectacle horrible, affreux !

Merci de ne pas reproduire sans autorisation.