Nous restons toute la journée du 21 octobre [1916] dans la tranchée du Prunier que nous quittons le soir vers 22 heures.

C'est la relève définitive. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, car un trajet de nuit dans un tel terrain est chose dure et dangereuse.

En passant près des ruines de Soyécourt, nous essuyons une rafale d'obus lacrymogènes destinés vraisemblablement à une batterie toute proche. Mais ces obus n'auront pas gêné les artilleurs. Ce sont les derniers reçus dans ce que nous appellerons plus tard " notre bataille de la Somme ".

Nous passons sans mal à Foucaucourt.

A partir de cet endroit la route est bonne, peu abîmée, plus sûre ; nous respirons. Il fait froid, mais la marche nous échauffe.

Deux quarts de vin chaud en passant au train de combat, et en route pour Harbonnières [où nous restons du 22 au 25 octobre].

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