1001 - Lundi 1er juillet 1918

Ce matin, je vais à Dhuisy. Ensuite, j'écris un peu. DESCARPENTRIES rentre de la reconnaissance au bois triangulaire. Nous déjeunons avec les sous-officiers. Dans l'après midi, je range mes affaires : BIRON, DELAUNAY et BERTHOLEAU, nommés sous-lieutenants arrivent. On dine à 5 h ½. La compagnie part de Chambardy à 7 h ½. La côte de la ferme Hurtebise est très dure à monter car le temps est  très  lourd. Nous passons par  le bois de Vaurichard au lieu de Villers : On fait une pause. Le génie qui va travailler nous dépasse. J'arrive à mon emplacement vers 10 h ½. Je trouve PETITCYGNE qui me passe les consignes. Lorsque tout le monde est placé, je me couche : je suis trempé de sueur, aussi je ne tarde pas à avoir froid.

1002 Mardi 2

J'ai très froid jusqu'au lever du jour et puis je suis empoisonné par les moustiques. A 8 heures, je me lève et vais au P.C. Il se met à tomber des obus dans tout le bois : c'est un arrosage copieux, cela dure jusque vers dix heures. Je vais ensuite me promener jusqu'à la 3e section. On se fait conduire une table. Dans l'après midi, je rentre à mon P.C. Il tombe encore quelques obus. A la tombée de la nuit, j'installe mes poilus dans la tranchée située hors du bois. Sur la gauche, il y a barrage qui dure jusque vers 10 h ½.

1003 Mercredi 3

Je me réveille à 9 heures. Encore quelques obus dans le bois. Dans l'après-midi, je reste chez moi.
Soirée calme.

1004 Jeudi 4 [René Brissard note 1003 à nouveau, renumérote pour la suite]

En me réveillant, je trouve le Colonel qui dit de tout faire ramasser. Puis je vais au P.C. Plusieurs rafales de 88 arrivent dans  le bois. LEFÈVRE est blessé ainsi que trois poilus ; dans l'après midi, CAGNAC vient pour préparer un coup de main ; après une petite visite au Bataillon, nous allons en ligne chez CULAN et nous revenons par chez DELMAS ; il fait un temps assez chaud. La soirée est très calme.

1005 Vendredi 5

Il circule des bruits d'offensive; la nuit est assez calme. Dans la matinée, toujours quelques obus. A midi, la préparation du coup de main commence ; cela marche bien. Nous déjeunons pendant ce temps là. Au bout de vingt minutes arrivent les premiers blessés. POUZET passe comme un fou car un de ses stocks a éclaté et a réduit en bouillie trois malheureux types ; le petit JOUAN est blessé légèrement. Les types de la 2e ramènent 6 prisonniers et une mitraillette ; ils ont l'air d'avoir  chaud. Il n'y a de réaction que vers deux heures ; les 105 tombent sur la gauche de DELMAS. Avec DESCARPENTRIES, nous allons à Vallent en compagnie de CULAN. On termine par un bridge. Nous rentrons, tout est calme. Pendant le diner, on annonce à DESCARPENTRIES qu'il part en permission aussi il s'en va en vitesse. Je me transporte au P.C. A la tombée de la nuit, je vais voir les travailleurs et je pousse jusqu'au 174. Le Commandant de  Compagnie est dans une maison pépère ; il m'offre le café. Je rentre. A 11 h, arrive un ordre d'alerte générale, on s'attend à une attaque. Je ne dors  pas de  la nuit.

1006 samedi 6

Mon diner ne coule pas. Vers 3 h 15 et pendant une heure, il tombe une quantité d'obus à gaz vers Eloup. Même séance vers 5 heures. Je  m'endors tout de  même. A 8 heures, l'agent de liaison du Bataillon vient me réveiller. En qualité de  Commandant de  la Compagnie, je vais au Bataillon où l'on s'explique sur un nouveau dispositif. Puis je  pars pour le bois de Veuilly avec le Capitaine. MERLIN. Il fait  très chaud. Nous déjeunons  avec le 1er Bataillon  et nous causons des consignes. Puis nous rentrons ; en passant  dans le Bois Baron, nous recevons des 77. J'arrive en nage. Ensuite, je m'envoie une trentaine de signatures ! Je fais partir la Compagnie à 5 heures. Tout se passe bien et nous arrivons sur le grand layon du bois de Veuilly sans incident ; je rencontre BIRON. Je dîne avec la 1ère ; rien de très folichon ! Puis je regarde les types du 2e Bataillon qui monte. Je me couche lorsqu'il fait nuit.  Toute la nuit, il tombe des obus.

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation