879 Vendredi 1er

Ce matin, il y a exercice d'alerte mais on oublie de me réveiller. Il commence à faire du brouillard et bientôt, la neige tombe fortement. Je téléphone à DESCARPENTRIES qui me dit de venir tout de même. A Ancel, on installe une popote dans l'ancienne salle des douches ! HAMELIN déjeune avec nous et, dans l'après midi, je remonte au lac Blanc avec DESCARPENTRIES par le chemin de nuit. Il tombe toujours de la neige et on manque de se perdre. On arrive à 5 heures. Je dîne avec CIESSAN, LARDEUX et BAYLE.

880 Samedi 2

Ce matin, je me réveille tout de même ; ma section est équipée mais la 3e section est encore couchée ; il faut un quart d'heure pour l'alerter. Je leur promets du plaisir pour demain si cela se renouvelle. Brouillard. Je descends à Ancel où l'on déjeune de bonne heure. Puis, je vais voir les futurs abris de ma section qui sont loin d'être terminés. Je rentre avec mes poilus. DESCARPENTRIES dîne au lac Blanc.

881 Dimanche 3

L'alerte se passe bien : le temps est clair, aussi je pars de bonne heure. On a touché à la compagnie l'adjudant BROSSET qui a déjà dîné avec nous hier soir.

Comme on embête les boches, ceux-ci répondent sur les batteries et envoient un obus en plein sur la route un peu plus haut que mon P.C. DESCARPENTRIES étant parti dans le secteur, je déjeune seul avec ROBET. Mon déjeuner ne coule pas très bien. Je vais revoir ces fameux abris et je remonte avec la corvée. Le brouillard devient très épais. Le dégel commence.

882 Lundi 4

Il tombe de la neige au moment de l'alerte aussi je fais rentrer vite les poilus. Je pars à Ancel comme d'habitude malgré le mauvais temps. Au déjeuner, DESCARPENTRIES me demande d'aller avec une patrouille d'embuscade ce soir. J'accepte et, dans l'après-midi nous surveillons les travaux.

En remontant au lac Blanc, nous voyons le col du 170 et nous assistons à un bombardement de minen [minenwerfer] à la droite du Linge. Nous dînons au lac Blanc avec les sous officiers et nous revenons par le chemin de nuit. J'ai une forte colique et la diarrhée. A Ancel, je me couche de 10h à minuit.

883 Mardi 5

Nous partons à minuit 1/4 et nous enfilons nos chemises blanches. On a l'air de capucins avec cela. Nous passons par Scheffer PC où l'on dit bonjour à SÉRÉGÉ  et nous sortons par Scheffer ferme. Nous avons du mal pour passer les réseaux, enfin nous arrivons près du Surcenord. Rien d'important ne se passe et, après une sérieuse attente, on rentre. Les poilus filent comme des zèbres. Moi, j'ai fortement la colique et je souffre en revenant. A peine rentré, un tir de barrage se déclenche sur le Linge et dure une bonne heure. Puis tout rentre dans le calme ; je dors jusqu'à 8h1/2. En me levant les coliques me reprennent ; je vais voir POIRÉ qui me fait avaler 30 gr de bicarbonate de soude ; puis DESCARPENTRIES me fait faire des mouvements de jambes enfin, vers 11 heures, cela ne va pas du tout. Je mange deux œufs à la coque et je rentre au lac Blanc... péniblement. Je me repose dans l'après midi et le soir, je me couche de bonne heure.

884 Mercredi 6

Très beau temps, je pars à 8 heures et je vais voir le toubib en arrivant ; il me donne de l'élixir parégorique pour faire passer ma diarrhée ; cela va mieux. Il paraît qu'un type de la 11e s'est fait barboter aussi BAJUS est sans dessus dessous. On déjeune avec  SÉRÉGÉ qui part en permission et je remonte avec lui. Il fait un soleil admirable et la neige commence à fondre.

885 Jeudi 7

Il fait du brouillard ; je monte à Ancel tranquillement et je trouve le commandant de NANTEUIL du 170 qui mange avec nous. Après déjeuner je vais voir le P.C. Scheffer que j'occuperai après demain soir. Ce n'est pas organisé et tout est en pagaille. Je reviens et je rentre, toujours par le brouillard. DESCARPENTRIES vient manger au lac Blanc.

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation