Vers 3 h du matin, le 9, le marmitage ne cessant pas, je trouve un homme de bonne volonté, qui nous conduit tous deux au milieu des 105 et des 130, au poste de secours du 408è où je suis soigné.

De là, je gagne ma compagnie aux Fontaines de Tavannes, et mon pansement bien refait, après avoir rendu compte des événements au Capitaine, je pars pour le Fort de Tavannes. J'y passe toute la journée du 9 dans une casemate, et suis évacué le soir à 6 h par une auto anglaise. Arrêt à la caserne BEVAUX, où l'on me fait la piqûre antitétanique, et où l'on m'extrait mon éclat.

Je pars en auto (très confortable) à 7 h , cela marche jusqu'à Souhesmes, où on nous met dans une ambulance sous toiles de tentes avec un médecin-chef hargneux. J'y apprends que nous allons être transportés jusqu'à Bar le Duc par camions. Je me débrouille, je chipe deux couvertures à l'ambulance, puis vais trouver le Lieutenant commandant le convoi qui m'accepte dans sa voiture. On part à 10 h du soir, on arrive à 7 h du matin le 10. Ce qu'ont pris les petits camarades, quand moi déjà je frissonnais ! Embarqué dans un train sanitaire, qui part vers les 8-9h et en route pour Vichy, où nous arrivons le lendemain 11 à 5 h du soir.


Ici s'achève le récit de Jacques BORGOLTZ tapé à la machine sur papier pelure, annoté manuscritement et enrichi d'un croquis de la main de l'intéressé.

Tous mes remerciements à Thierry pour le don de ces documents.