660 – Mercredi 25

Je me lève à 7h1/2 et je prépare mes affaires : on va boire un petit coup et après le déjeuner, je vais prendre une bénédictine. En revenant, je trouve TRIPEAU qui fait le singe dans un bistrot : il nous fait rouler

Je pars avec TRIPEAU et MAILLIER à 2h1/2 par une chaleur accablante. Nous suivons l’avenue de la Gare qui est superbe. Aux cuisines, nous faisons une petite pause, je casse la croûte et je vais voir MOINET. Fines fesses est évacué pour se soigner, aussi je bondis de joie.

Je retrouve la section à la ferme Pierquin dans une sape sous la route. On ne peut pas être mieux. Je me couche de bonne heure dans mon petit PC qui est épatant.

661 – Jeudi 26

J’écris et je ne fais rien. Les poilus font des lits car il doit venir une autre section. Nous devons faire du tir indirect et je vais voir MOINET pour les chiffres. A 8h1/2, on installe une plate-forme et on tire par rafales : quelques mitrailleuses boches répondent. Je me couche à 10 heures.

662 – Vendredi 27

Je me réveille à 8 heures et je monte un appareil Proust pour avions, sur la pièce.

Temps très chaud.

Je dors un peu l’après midi et le soir, deuxième édition du tir indirect à minuit, la pièce ne marche plus aussi le tir s’arrête.

663 – Samedi 28

Je me lève à 8h et j’écris : temps épouvantablement lourd. Dans l’après midi, je fais creuser une autre plateforme et je fais baisser la première pour pouvoir tirer le jour. Je peux voir la ferme Madelin et je rectifie le pointage qui était faux. Les deux pièces ne veulent plus marcher à 1 heure.

664 – Dimanche 29

Je me réveille à 9 heures et quart : je passe mon temps à arranger la 2è pièce qui a son pignon manivelle faussé.

Dans l’après midi, il fait de l’orage : je vais reconnaître à la voie ferrée une position pour tirer sur avions. Tout le monde m’engueule car je les empêche de dormir la nuit. Il fait délicieusement bon. Je continue ma séance le soir.

2015-07-11 18
Le Miroir - 1915

665 – Lundi 30

Temps très chaud.

Toute la journée nous faisons du tir indirect. Pendant la matinée, les Boches tirent un peu partout sur la route avec du 105 : après la soupe, même jeu. Pendant la nuit le verrou de fermeture de la 2è pièce casse.

666 – Mardi 31

Temps couvert : j’envoie changer mon verrou et, dans l’après midi, je vais faire un tour au bureau et au Lieutenant. En rentrant, j’attrape la flotte ; comme je ne sais pas quoi faire, je nettoie des cartouches : il pleut.

GABORIAU rentre de Bézannes légèrement mûr et me rapporte un pignon verrou.

On commence à tirer avec la 2è pièce qui ne marche pas : au bout de quelques cartouches, le nouveau verrou de fermeture recasse. Je vais le porter au Lieutenant et je fais tirer avec la 1ère pièce : il pleut toujours.

A suivre...

Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation