1007 Dimanche 7 juillet 1918

Après avoir bien dormi, je prends possession du P.C. Lavault. Je fais ma toilette et je me rase. Je mange tout seul aussi je m'ennuie ; et comme il n'y a pas d'abris, je me fais construire une tonnelle. A 9h je vais à la Tuilerie pour reconnaître le travail ; le 3e Génie nous emploie entre la route de Montigny et le Château ; les tâches sont lourdes et les hommes se fatiguent. Vers une heure, je les emmène.

1008 Lundi 8

Je me lève assez tard et je vais manger à la 10e car je m'ennuie tout seul ; l'après-midi j'essaye de dormir, mais je ne peux pas aussi je retourne à la 10e de bonne heure. Je pars au travail un peu plus tôt et comme cela avance assez vite, je rentre avant la Compagnie.

1009 Mardi 9

Je me les lève encore tard ; il fait excessivement chaud ; nous devons travailler le jour, maintenant. Cet après-midi je lis " Diane de Turgy ". Comme mon dîner n'est pas arrivé, j'envoie la Compagnie devant et je la retrouve à 7 h aux emplacements habituels.. Pas de génie, j'envoie quelqu'un à la Tuilerie et on vient nous chercher pour nous conduire dans le bois de Vaurichard ; la Compagnie travaille jusqu'à 9 h ½. La nuit n'est pas très calme ; il tombe des obus un peu partout dans le bois.

1010 Mercredi 10

Il y a du changement pour le travail ; je me fais construire un P.C. Vers la route du Pont à Veuilly. Nous allons travailler ce soir de 6 h à 9 h 30 et je rentre coucher à mon nouvel emplacement ; j'y suis très bien et on n'y entend rien.

1011 Jeudi 11

La compagnie va travailler à 6 heures et je vais la voir sur son chantier. C'est une tranchée creusée dans le bois de Vaurichard. ROBET rentre de permission et je lui passe la Compagnie. L'après midi, nous nous promenons un peu dans le secteur. Au dîner, il y a quelques mots piquants échangés. Nous ne sommes pas relevés ce soir et j'emmène ROBET voir le travail. Nous couchons ensemble dans le nouveau P.C.

1012 Vendredi 12

Nous allons voir le travail et nous nous occupons des consignes. Dans l'après midi, AUZANNEAU vient reconnaitre ; il s'est fait bombarder pendant six jours et a le teint tout pâle. On l'installe et il vient manger avec nous. Je me couche avant la relève et je ne dors guère. Vers minuit ½, MERCIER s'amène.

1013 Samedi 13

Lorsque tout est expliqué, nous nous en allons. Il a plu et les chemins sont très mauvais. L'allée du bois de Vaurichard parait longue. Nous prenons ensuite la route des Glandons. Nous arrivons à Chambardy à 4 heures ; chez nous, tout est enlevé aussi nous continuons à faire popote avec la 10e. Je fais ma toilette et l'après midi je m'installe. POIRÉ est revenu au bataillon.


Avec l'aimable autorisation de son petit-fils - Merci de ne pas reproduire sans autorisation