L'attaque ne donne pas. Mais nous nous vengerons. Le bombardement est intense. Comme abri j'ai ma toile de tente et un sac à terre. Nous allons à l'attaque. Les Allemands se jettent sur nous. C'est la boucherie. Mon Dieu, que de morts ! Je fais leur relève tout le jour, et je m'arrête, à bout de force, vers les 4 h du matin. Il a fallu retourner aux lignes - terribles jours pour le 409è qui se bat glorieusement mais inutilement peut-être - Explosion de grenades et de fusées dans l'abri du commandant du 2è bataillon ; 15 cadavres, 12 hommes qui sont horriblement brûlés, qui poussent des cris terrifiants et qui fuient sous les balles des mitrailleuses.
Dans la nuit, je vais entre les lignes tenter d'enterrer 18 soldats. Nous passons désormais notre temps à résister aux contre-attaques de l'ennemi.

Extrait de l'Abbé Henri RAMBAULT - 1885-1918 par Maurice BRILLAUD